Les poudres Feed bio Fraise-basilic et Tomates-olives

J’ai eu le plaisir de recevoir le coffret d’échantillons qui était présenté à la soirée de lancement – un bien beau coffret, comme un écrin, qui met en valeur aussi bien les produits que leur concepteur Thierry Marx, on a presque de la peine à s’en débarrasser ! Mais suffit, ouvrons les bouteilles ! Les deux poudres dégagent un fumet très agréable, fruité, appétissant, sans cette odeur douceâtre de céréale qu’on a sur les poudres classiques : les deux recettes n’ont plus pour base l’avoine, mais des farines de millet, riz, châtaignes et tournesol. Bref, ça s’annonce très bien !

Fraise-basilic

C’est la poudre Fraise-basilic que j’ai testée en premier, après versement de celle-ci dans un shaker, puis ajout de 500 ml d’eau et repos 2 heures au frais. Elle prend une très jolie couleur rose foncé au contact avec l’eau. Dès les premières gorgées, un constat s’impose : c’est nourrissant, très nourrissant ! Bien plus que les gammes standards ! En fait, c’est même tellement épais que 500 ml d’eau ne sont pas assez, j’ai dû en rajouter en cours de repas ; comptez 550, voire 600 ml si vous voulez pouvoir le terminer sans impression franchement bourrative. Une fois un peu d’eau rajoutée, c’est parfait ! Le goût est bon, on sent plutôt bien la fraise, avec quelque chose d’autre, finalement assez doux. Mais il reste difficile d’affirmer que « c’est à la fraise », car en fait, on sent tout plein de choses, c’est un vrai cocktail de saveurs, bien rond et équilibré. Il appartient clairement à la famille des recettes sucrées, ceci dit. Il y a beaucoup à croquer, vraiment beaucoup de graines et de morceaux, ça rappelle certains yaourts enrichis et mélangés à du muesli. Il y a des graines qui glissent sous la langue, un peu comme les graines de fruits de la passion, c’est rigolo et vivant. Et autant pour ceux qui colportent cette légende que les repas en poudre seraient mauvais pour la dentition, soit dit en passant… Elle est assez riche en sucres, quand même 26,8 g pour une dose de 150 g, très probablement dû au sucre d’agave ajouté, à faible indice glycémique, mais riche en fructose et glucose. Elle est pauvre en sel, 0,1 g affiché, c’est bien.

Tomates-olives
Feed bio Tomates-olives, parfait pour le déjeuner.

Feed bio Tomates-olives, parfait pour le déjeuner.

Le lendemain, c’est au tour de la recette Tomates-olives. Pour celle-ci, on est cette fois sur une recette plutôt salée ; le goût, qui rappelle une bonne salade de saison, est plus subtil, plus travaillé et plus doux que le Tomate à la provençale de la gamme classique, laquelle tire plutôt sur le goût des mini-pizzas en crackers Belin. Et on retrouve l’abondance d’éléments à croquer ! Les morceaux de graines de tournesol sont royaux, vraiment. Je me demande si ça serait pas encore meilleur, avec quelques petits copeaux de parmesan, tiens… En fait, entre ces deux nouvelles références, c’est ma recette préférée. Forcément, et à l’inverse de la Fraise-basilic ci-dessus, elle est plus pauvre en sucres (15 g pour la dose de 150 g), mais nettement plus salée (2 g pour la dose). Elle ne comporte pas de sucres ajoutés.

Les barres bio Cranberries-chocolat et Figues-amandes

Cranberries-chocolat
La barre Feed bio cranberries-chocolat

La barre Feed bio cranberries-chocolat

À cause de leur couleur marron-vert kaki, ces deux barres n’ont a priori rien d’engageant à l’ouverture. Et pourtant ! la Cranberries-chocolat est vraiment délicieuse, avec un goût frais, naturel, herbeux, qui n’est pas sans rappeler Ambronite Original. Plaisante et nourrissante, ses 400 kcal calent bien pendant 3 bonnes heures, et je me suis surpris à la terminer sans me forcer du tout, par simple gourmandise. Attention, elle est assez riche en sucres (25,2 g).

Figues-amandes

Bon, je dois avouer tout de suite : autant je suis un grand fan de figues natures, autant je ne les ai jamais trop appréciées dans les aliments préparés : confitures, pâtes de fruits ou Figolu, la figue en tant qu’ingrédient n’est pas mon amie. Et cette barre Figue-amandes n’échappe pas à la règle : je ne l’aime pas trop. Je lui trouve un goût pâteux, monolithique, pas aéré. Et les amandes, une saveur assez sèche et chaude elle aussi, n’arrangent rien. Bref, si techniquement cette barre fait son œuvre et me nourrit pour une matinée ou une soirée (400 kcal ne me suffisant pas pour un déjeuner), ça n’est pas vers elle que je me tournerai lors d’une prochaine commande.

Question sucres ajoutés, l’isomaltulose n’est plus là, et on trouve encore du sirop d’agave (dans les deux cas, du glucose et du fructose), mais il n’est plus marqué en première position. Les deux barres restent quand même assez riches en sucres, 25,2 g pour la Cranberries et 17,8 g pour la Figues.

Les recettes bio et végan, vraiment complètes ?

Le cas B12

Cette gamme bio est donc, sauf pour la barre Figues-amandes, une réussite, et un jalon dans la qualité des repas tout-en-un. Mais il reste deux points d’interrogation, qui font douter de la complétude nutritionnelle. Le premier est celui de la vitamine B12. Importante pour le cerveau, le système nerveux et le sang, elle est quasiment absente du règne végétal. Ceci n’est pas sans poser problème aux régimes strictement vegan, qui sont obligés de prendre régulièrement de la supplémentation en B12 – on a même vu le fabricant Bertrand fournir des cachets de B12 avec ses sachets de recette bio vegan… Or, ces nouvelles recettes Feed sont donc bio, vegan et sans vitamines rajoutées. D’où problème, donc. Mes bouteilles n’ayant pas d’étiquette, il faut regarder les données nutritionnelles publiées sur le site web de Feedsmartfood.com : d’après eux, la vitamine B12 est bien fournie par leur recette. Mais on ne sait pas par quels ingrédients. La question se pose d’autant plus quand on sait que les très rares sources végétales de B12, comme celle de la spiruline, se présentent sous une forme presque inassimilable par le corps humain. Bref, en l’absence d’autres explications, il y a tout lieu de penser que ces repas ne sont pas vraiment complets et manquent de vitamine B12.

Bon, au vu du prix des poudres bio de Feed, il y a fort à parier que presque personne ne s’en nourrira à 100 %, ce qui réduit de fait les possibilités de carence en B12 mais quand même, c’est pour le principe.

Et le cas K

L’autre point d’interrogation est celui de la vitamine K. Nécessaire à la coagulation, elle est absente de l’étiquette des barres. En fait, elle est absente de toutes les étiquettes des barres Feed : celles des bio comme celles des classiques. Étrange, mais si l’étiquette fait foi, alors ça fait quand même une deuxième vitamine absente des recettes. Ici aussi, même conclusion que ci-dessus : Feed ne prétend pas devenir la seule source de nourriture de ses clients, et cette absence, si elle est avérée, n’est pas si grave que ça dans le cadre d’une alimentation variée. Mais re-quand même.