Le français Vitaline vient de se doter d’une feuille de route pour 2018, qui confirme de plus en plus sa vocation technique. Outre deux nouvelles recettes salées (youpiiii !), une nouvelle gamme de produits très spécialisés va voir le jour, sous le nom Vitaline Catalyst. La gamme habituelle, à usage quotidien non spécialisé, va prendre le nom de Vitaline Daily.

Catalyst, la gamme spécialisée

La gamme Catalyst, dans une démarche de nourriture scientifique, conviendra pour des utilisations précises : avant le sport, après le sport, pour la concentration et le travail intellectuel, ou pour le repos. Attention, cette gamme de repas Catalyst n’est pas « équilibrée », au sens qu’elle n’est pas destinée à être prise toute la journée tous les jours, sous peine de carences ou sur-dosages : ce sont des repas ponctuels, à prendre en fonction d’un besoin. La première sortie de la gamme, Catalyst Ignite, boosté en guarana, créatine, ginseng, acides aminés BCAA, sera un repas pré-sport, à prendre juste avant une épreuve ou un entraînement intensif.

Cette gamme Catalyst est un gros pari pour Vitaline, qui se voit déjà en bio-hacker armé de nootropiques. Sébastien Worms, enthousiaste co-fondateur de la société, parle ainsi de « alimentation pré-sport la plus performante sur le marché – hors produits illégaux », avec « des choix tranchés, ambitieux d’un point de vue technique qui nous l’espérons seront bien accueillis par notre communauté de technophiles ».

Les futurs repas Catalyst seront Focus (pour la concentration), Recover (post-sport) et Recharge (pour le repos et la récupération), tous en pré-lancement avant l’été. Il me tarde d’essayer les repas Focus et Recharge !

Le développement en mode « Pilot Program »

Une bouteille d'Ignite en phase Pilot Program 1 : c'est du brut !

Une bouteille d’Ignite en phase Pilot Program 1 : c’est du brut ! (crédit : Vitaline.fr)

Pré-lancement ? Oui, car Vitaline en 2018, c’est aussi une nouvelle forme de développement, dite « Pilot Program ». Elle se cale sur un mode de développement en continu, bien connu du monde des logiciels libres, « release early, release often », soit « publiez tôt, publiez souvent ». Le but est de recueillir très tôt, via un forum dédié, les retours des consommateurs, en produisant de petites quantités et en adaptant les lots de fabrication en fonction des retours et des sondages en continu. Comme ont déjà pu le montrer Huel, Queal et Jimmy Joy, la création d’un forum d’utilisateurs est un outil puissant pour souder une communauté, pour peu que l’équipe des créateurs y passe régulièrement et montrer qu’elle est à l’écoute.

Pour ce Pilot Program, Vitaline prévoit de fonctionner sur des cycles de trois fois deux mois, à chaque fois en augmentant la production, un bon compromis entre exigences de fabrication et temps nécessaire aux tests et dégustations.

Les phases Pilot Program seront vraiment de la conception en commun, du direct des cuisines : par exemple, les étiquettes des bouteilles seront imprimées et collées à la main, car les lots de production seront, initialement, trop petits pour commander des impressions professionnelles. Ça ne devrait pour autant pas être un bêta-test permanent : les repas seront finis au niveau des qualités nutritionnelles et les tests publics porteront sur les goûts, la consistance ou la satiété.

Les défis du Bio et vegan

Gros projet pour Vitaline Daily en 2018, l’attribution d’un label officiel Bio, et une recette vegan. Jusqu’à présent, et bien que la quasi-totalité des ingrédients fussent bio, il manquait à Vitaline un label officiel, à cause du complexe de vitamines et minéraux rajouté.

À titre personnel, je suis très partagé sur la notion de bio, qui arrive bien souvent avec un cortège d’irrationalité, de vieux fond anti-science et de gaspillage de ressources. Mais bon, c’est la mode…

Les défis du bio, en matière de repas tout-en-un à vocation technique, sont importants : impossible de prévoir, d’un lot de fabrication à l’autre, que les teneurs annoncées seront respectées. Même les vitamines extraites rajoutées bio ont des teneurs minimales et maximales mal garanties. Elles sont en outre parfois difficiles à trouver sous forme d’extrait naturel, notamment la vitamine D.

Le bio vegan pose lui aussi des difficultés, quand on vise une alimentation complète et auto-suffisante. D’une part à cause de la vitamine B12, qu’il faut obligatoirement rajouter, car elle est quasi inexistante dans le règne végétal, ou alors sous des formes non bio-disponibles. D’autre part à cause du profil en acides aminés (contenus dans les protéines, dont neuf sont essentiels), plus difficile à compléter qu’avec les protéines issues du lait. Vitaline étudie actuellement un mélange de pois, riz, tournesol, chanvre, courge.

C’est pour ces raisons que les sorties des versions Bio et véganes de Vitaline seront prudentes : d’abord une ou deux références, au printemps, pour tester la recette, l’efficience de sa feuille nutritionnelle et l’accueil des clients.

Barres et boissons prêtes à boire

Enfin, Vitaline prévoit de sortir les deux formats qui manquent à son catalogue : des barres d’ici l’été, et des boissons prêtes à boire d’ici la fin de l’année. Ici aussi, pour Vitaline, c’est un challenge : les repas en bouteilles prêtes à boire, pour une longue conservation, demandent une stérilisation à chaud, laquelle détruit inévitablement, et dans des proportions variables, les nutriments les plus fragiles qui ont été ajoutés, comme la vitamine C ou les polyphénols, ce qui rend les étiquettes et allégations nutritionnelles des bouteilles hasardeuses, quand ce n’est pas fausses…