Nutberg est un repas en poudre, qui existe depuis longtemps, mais que je n’avais jamais eu l’opportunité d’essayer. À l’occasion de la traduction de leur site en français, la société, originaire de Tchéquie, m’a proposé de goûter leur trois arômes, c’est donc chose faite.

La poudre Nutberg cacao, jolie couleur appétissante.

La poudre Nutberg cacao, jolie couleur appétissante.

Nutberg se classe dans ma catégorie personnelle des poudres haut de gamme, à côté des Bertrand, Trinkkost et Ambronite : uniquement des aliments peu transformés et réduits en poudre. Vegan, sans vitamines ou minéraux rajoutés, ni maltodextrine ou édulcorants. Les puristes du mouvement Foodtech reprochent souvent à ce type de poudre de s’éloigner d’une démarche scientiste et rationnelle et de ne pouvoir garantir, d’un lot ou d’un sachet à l’autre, la teneur exacte en vitamines et nutriments de leur recette. C’est une question de choix et de préférences – à titre personnel, je pense que la clé est dans la variété des marques utilisées ; il est rare que je consomme plus d’une semaine la même poudre. Bref !

Chez Nutberg, tout est original. Je dis bien tout : le conditionnement, la composition, le goût, et même le shaker, un Nalgene, une célèbre marque américaine de gourdes et récipients en plastique.

Une préparation pas si facile

Le shaker Nalgene de Nutberg, et son ouverture compliquée.

Le shaker Nalgene de Nutberg, et son ouverture compliquée.

Dès l’ouverture de la boîte, on s’aperçoit qu’on est sur un produit qui a soigné les détails. Ça commence avec les sachets, bien rangés dans des boîtes différentes, une par goût. Nutberg a en effet fait le choix de sachets mono-dose, de 110 g pour 500 kcal. Surprise, ces sachets sont tout plats, et durs comme des cailloux ! En fait, ils sont remplis sous vide d’air, comme parfois le café moulu. Quand on l’ouvre, l’air entre, et le sachet se ramollit donc, c’est rigolo. Il faut ensuite bien le malaxer, pour briser les mottes de poudre qui s’y sont formées, car aucun anti-agglomérant n’est inclus dans la recette.

La préparation n’est pas des plus aisées : l’ouverture du shaker fourni est bien trop petite pour verser facilement la poudre. Ensuite, il ne semble pas avoir été conçu pour vraiment dissoudre une poudre : il est trop étroit, la boule en fil de fer n’est pas prévue d’origine, mais fournie à part dans une enveloppe, rajoutée par Nutberg. D’ailleurs, les Nalgene On-the-Fly sont référencés sur leur site web comme des bouteilles à eau, et pas comme des shakers à protéines ou poudres – et en plus, il est impossible à nettoyer sans goupillon. Résultat, une poudre pas très bien mélangée, avec des grumeaux. Heureusement, les préparations avec d’autres vrais shakers, comme l’indémodable BlenderBottle Classic, passent comme une lettre à la poste. L’indication sur le sachet est correcte, 350 ml sont parfaits, voire 400 ml si on préfère plus dilué. Ajoutons enfin que la préparation épaissit pas mal quand on la laisse reposer au réfrigérateur, je préfère la préparer avec de l’eau bien fraîche et la consommer immédiatement.

Nutberg, la dégustation

Un verre de Nutberg cacao.

Un verre de Nutberg cacao.

Mais assez préparé, dégustons ! Le goût laisse clairement transparaître l’originalité de la recette. Une personnalité évidente, boisée, avec une claire prédominance de la noix de coco, dont on sent les fibres : la consistance est agréablement sableuse, un peu comme un fond de muesli épais, avec ce croquant très léger si typique de la noix de coco. Quel plaisir de déguster un repas dont la base est autre chose que l’avoine ! Coco, avoine, amandes, tapioca, voilà un bel ensemble, inventif et travaillé, qui se laisse boire avec intérêt. On a bien l’impression de manger un mouliné de fruits secs, et pas une farine de céréales, comme chez tant d’autres marques. L’attention au détail est présente à tous les stades de la recette, par exemple dans le choix du sel d’Himalaya, ce fameux sel légèrement rosé qui vient d’une gigantesque mine montagneuse du Pakistan, et auquel on prête tant de vertus. Ou encore du sucre de coco pour adoucir l’ensemble, avec un goût plus intéressant que le sucre de canne.

Il est toujours très difficile de faire partager une sensation de goût, mais si je devais classer Nutberg dans une famille de goût, pour donner une idée, je dirai qu’on pourrait le mettre à côté de Lently. Mais encore une fois, Nutberg a son goût bien à elle, sans réelle comparaison possible.

Pour ce qui est des saveurs, enfin, elles sont très très discrètes. Ce n’est pas vraiment un reproche, certains les veulent bien prononcées, d’autres non, mais il faut le savoir. Avec Nutberg, on perçoit tout juste la différence entre les sachets Nature, Banane ou Cacao. C’est toute la différence entre un vrai ingrédient et un arôme ajouté.

Pour conclure, et si tant est que vous oubliiez leur inutilisable shaker, Nutberg constitue un excellent choix pour ceux qui sont à la recherche de repas en poudre à base d’ingrédients peu transformés, et qui veulent ajouter un peu de variété à leur Bertrand ou Trinkkost. Le prix reste cependant un peu élevé, surtout pour des repas à 500 kcal. Contacté, Nutberg nous a indiqué travailler à des sachets plus grands, qui devraient permettre de préparer des repas mieux adaptés à chacun, mais sans pouvoir annoncer de date de disponibilité.

EDIT : le plus gros inconvénient de Nutberg, est qu’il n’est pas complet, pas complet du tout. D’après le tableau nutritionnel qu’on voit sur leur site web, il manque une bonne dizaine de nutriments (vitamines et minéraux). D’ailleurs, les informations, sur les sachets comme sur le site, sont très parcellaires. Donc de la variété par rapport aux Bertrand et Trinnkkost, oui, mais un remplacement pur et dur, non !

Repas tout-en-un en poudre Nutberg, à partir de 32 € les 7 sachets (soit 4,57 € le repas). Port inclus, tarifs dégressifs selon quantité. Le shaker Nalgene n’est pas gratuit, même pour la première commande, et coûte 12 €.