Le français Feed a littéralement scotché sur place toute la concurrence. Quand les autres sont encore en train de rejoindre des incubateurs de start-up ou des réseaux d’entrepreneurs, Feed inonde les forums de packs de dégustation, se paye de la communication média, des vidéo-clips, une présence continue dans la grande distribution, lève des capitaux par millions, annonce une vingtaine d’embauches, et aligne les nouvelles recettes comme des petits pains. Rien à dire, une belle et flamboyante réussite.

J’ai eu le plaisir de recevoir un pack test, avec les quatre nouveaux goût à essayer : Choco-coco et Choco-banane pour les barres ; Cèpes et Tomates à la provençale pour les poudres.

Feed Tomates à la provençale : juste j’en veux !!!

Feed Tomate : une saveur haute en couleurs se cache derrière cette préparation bien sage.

Feed Tomate : une saveur haute en couleurs se cache derrière cette préparation bien sage.

Bon, alors, on va tout de suite mettre les choses au clair : ruez-vous sur cette poudre Tomates à la provençale. Prenez immédiatement les sachets de 20 repas, sans attendre, et savourez !!! Amateurs de repas salés et de saveurs relevées, vous qui en avez ras-le-bol des goûts vanillés fadasses, ceci est pour vous ! Un vrai goût de tomate, façon gaspacho, une délicieuse sensation de manger-boire une sauce qui vous fait envie, ou une jolie verrine, vous savez, de celles qu’on sert parfois dans les cocktails, avec des mini cuillères (ceux qui sortent et qui squattent les buffets, vous voyez ce que je veux dire, n’est-ce pas ?). Et ce goût d’herbes de Provence, bien présent, avec même cette légère brûlure du piment de Cayenne, encore meilleure quand la mixture est dégustée bien fraîche ! Quand on pense à l’insipide saveur tomate qu’a osé sortir Queal cet été et qu’on la compare à celle de Feed, on a presque honte pour eux.

Les herbes de Provence du Feed Tomate, bien présentes !

Les herbes de Provence du Feed Tomate, bien présentes !

Un bémol, quand même, mais c’est bien le seul : la taille des herbes de Provence. On le voit sur la photo, certaines font presque 1 cm, et passent un peu difficilement au fond de la gorge. Sans doute auraient-elles gagner à être un peu plus finement broyées.

À côté, la poudre aux cèpes fait presque pâle figure. Le goût champignon est bien prononcé et velouté, les petits morceaux à croquer sont très agréables aussi, la sensation de boire une bonne soupe est là, l’ensemble se laisse consommer avec gouleyance. Mais on a déjà l’habitude de ce goût, déjà découvert il y a quelques mois avec Smeal. Il semble quand même que les morceaux à croquer soient plus présents et plus gros chez Feed, mais c’est peut-être juste un artefact de mon souvenir.

Gare au sel

La préparation elle-même n’a posé aucun souci : j’ai sans hésité transféré la poudre des bouteilles pré-dosées dans un vrai shaker. Hors de question d’utiliser ces bouteilles pour secouer. J’ai retransvasé en retour dans la bouteille uniquement pour les besoins de mes très artistiques photo. À noter que le repos quelques heures au réfrigérateur ne fait que très peu épaissir la consistance. Les bouteilles pré-dosées proposent des rations de 650 kcal et entre un tiers et la moitié de tous les nutriments quotidiennement nécessaires : pas de problèmes, elles calent bien pour quatre bonnes heures.

Malgré tous ces éloges, il faut quand même parler d’un problème assez préoccupant de ces derniers repas tout-en-un de Feed : leur teneur en sel. Car les recettes à goûts salés, contiennent, ô surprise… du sel. Trop de sel. En 650 kcal, Feed propose déjà presque 3 g de sel, soit la dose quotidienne suffisante pour un adulte. L’OMS recommande de ne pas dépasser 5 g / jour pour un adulte. Si on prenait du Feed à 100%, on serait à presque 9 g / jour, ce qui explose la valeur maxi recommandée. C’est d’ailleurs la même chose pour Smeal et son Légumes du potager, soit dit en passant. Attention donc, si vous devez surveiller votre prise quotidienne de sel, les saveurs salées de Feed ne seront peut-être pas vos plus fidèles alliées…

Les nouvelles barres Feed, encore plus de gourmandises

La barre Feed Banane-choco

La barre Feed Banane-choco

Les deux nouvelles barres Feed, qui profitent d’un nouvel emballage sans vernis, sont toujours basées sur une ration de 400 kcal et un tiers des nutriments nécessaires. Très pratiques car divisées en 5 portions, elles sont devenues le support parfait de mes petits déjeuners (je les prends par 4 portions), accompagnées d’un thé vert. Ces deux nouvelles recettes Banane-choco et Coco-choco sont délicieuses, avec des goûts prononcés, qui embaument dès l’ouverture de l’emballage. Le nappage chocolat, plaisant à l’œil et très légèrement craquant ajoute encore à la gourmandise, et atténue l’effet de manger un bloc pâteux de céréales compressées. En bouche, les petites graines à croquer, genre pépites, sont très agréables et donnent une consistance naturelle à la chose. On apprécie les ingrédients qui mettent bien en avant les éléments nobles donnant le goût : chocolat noir, noix de coco, amandes et flocons de bananes ne sont pas là pour faire beau, mais présents en bonne place dans la liste.

La barre Feed Coco-choco.

Feed Coco-choco, un air de ressemblance avec la précédente ?

À titre personnel, parmi ces deux nouveautés, c’est la barre Coco-choco que je préfère ; j’ai trouvé à celle à la banane un petit côté douceâtre, un peu écœurant au bout de quatre ou cinq bouchées, qui ne me sied pas vraiment. J’ai presque envie de la poivrer, ou d’y rajouter un jus de citron, un truc comme ça. Mais toutes les deux restent bien nourrissantes et me font tenir sans aucun problème jusqu’au déjeuner.

Vitamine K et fructose

Trois petits reproches quand même : les couleurs, gris-brunâtre ne sont pas très engageantes, malgré la base de chocolat ; et on tombe parfois sur des tout petits morceaux, très durs, impossible à croquer, qu’on n’a pas d’autre choix que d’avaler directement ou recracher, d’un discret et élégant sifflement de langue… Morceau de noyaux, ou écorce d’orange confite trop dure, on ne sait, mais cette remarque est valable aussi pour les autres barres Feed. Enfin, et comme sur les barres Chocolat et Fruits rouges, la vitamine K (K1 et/ou K2) semble mystérieusement absente de la recette, ce qui mitige un peu l’allégation de repas complet. Mais malgré ces petites réserves, les barres Feed restent, et de loin, les meilleures barres repas tout-en-un actuellement sur le marché.

Dernière remarque, enfin, qui concerne aussi bien les produits Feed que Smeal : l’isomaltulose ou le sirop d’agave, des glucides à indice glycémique relativement bas, y sont utilisés comme importante source de calories ; or ils sont tous les deux riches en fructose. La mention, absente, « l’isomaltulose est une source de glucose et de fructose » sur les emballages en contenant n’est-elle pas censée être obligatoire ? Au lendemain de cette journée mondiale du diabète, il apparaît que le fructose est de plus en plus pointé du doigt. Le fabricant Ambronite a même récemment abandonné le sirop d’agave au profit du sucre de coco. À titre personnel, je n’ai aucun problème avec le fructose, et je ne vais pas bouder mon plaisir pour si peu, mais peut-être qu’une information plus complète (la fameuse mention de la Commission européenne est-elle vraiment obligatoire ?) serait une bonne chose.

Repas tout-en-un en poudre Feed, à partir de 60 € le sachet de 3 kg (pour 18 à 20 repas) ; barres repas tout-en-un Feed, à partir de 3 € la barre. Tarifs dégressifs, port gratuit à partir de 70 € d’achat.