Juste une petite considération, en passant, sur le rouleau compresseur Soylent.

Leur présence dans les milieux geek et l’argent qu’ils ont pour se faire voir aux USA sont massifs. Fourniture de bouteilles de Soylent 2.0 dans des dizaines d’évènements sportifs / programmeurs / culture geek ; camions de distributions gratuites dans les milieux étudiants ; campagnes de pub et d’affichage grand format dans les rues…

À côté, la présence sur Twitter et Facebook de nos Joylent, Queal, ou Huel (pour ne nommer que ceux qui me semblent cartonner) est presque underground, anecdotique.

Soylent prend son temps pour arriver en Europe, mais j’ai la vague impression que c’est délibéré. Après tout, quand un produit est vraiment tout nouveau, et suscite même de la méfiance, laisser les autres déblayer le terrain et habituer la clientèle, c’est une stratégie. Il ne reste plus ensuite qu’à arriver, avec la puissance de feu d’une grosse société, et récolter les fruits péniblement semés par les autres. Si Soylent débarque en Europe avec la même communication qu’aux USA, ça risque de faire mal, très très mal !

J’ai déjà au moins un exemple d’une telle stratégie, qui a parfaitement réussi : celle d’Amazon dans les liseuses. Avant les Kindle, nous avions en Europe les Bookeen, Sony et autres PocketBook, avec le format epub, tous bien plus performants que les Kindle et leur poussif format mobi. Et puis les Kindle sont arrivés, avec au départ une bibliothèque francophone très maigre et des livres mobi mal conçus. Mais la puissance de feu d’Amazon, et l’attirance des clients pour le géant, ont fait le reste ; la firme de Jeff Bezos est maintenant à la première place.
Est-ce que ça fera pareil avec Soylent ?

Les marques de poudre qui ont poussé en Europe ont de sérieux atouts avec elles : communautés très soudées, choix d’arômes et variantes. Mais on voit souvent sur les forums des clients dire qu’ils achètent « en attendant Soylent ». Combien sont-ils ? Auront-ils été convaincus de leur choix par dépit ?